Exposition Irina Rasquinet

Pour la troisième année consécutive, la ville de Ceyrat accueille une sculpture monumentale installée devant les portes de La Griffe, ainsi que douze reproductions photographiques des œuvres d’Irina Rasquinet, dispersées dans les rues, qui invitent les passants à un dialogue intime avec la création artistique. Un murmure, un souffle, une vibration.

Fidèle à sa démarche, l’artiste utilise pigments, mailles, bois et tissus pour interroger ce que nous voyons… et surtout ce qui échappe à notre regard quotidien. Sa recherche, profonde et intuitive, compose une véritable archéologie de l’invisible où la fragilité se mue en force, où le geste artistique accompagne une quête intérieure. Irina Rasquinet nous invite ainsi à explorer ces territoires infinis que sont la sensibilité et l’imaginaire humain.

Grâce à cette exposition ouverte sur la ville et sur chacun de nous, Ceyrat réaffirme son attachement à la création contemporaine et à la rencontre : rencontre de l’art, de l’émotion, du partage et de la beauté au coeur du quotidien. Madame le Maire tient à remercier l’artiste pour sa confiance, ainsi que tous ceux qui rendent possible cette aventure commune. Puisse la présence de l’art dans nos rues et nos regards éveiller, en chacun, le désir d’aller à son tour explorer librement ce territoire infini : celui de la sensibilité humaine.

L’œuvre

La sculpture « Mines d’or» est présente devant La Griffe pour l’année 2026.

L’exposition urbaine

12 reproductions des œuvres d’Irina Rasquinet sont exposées dans les bourgs de Ceyrat et Boisséjour.

La rosée de la nuit- Espace Associatif Henri Biscarrat
Nuit solaire – La Griffe
Aritmis – Rue Nestor Perret
Battre la chamade – Place Nemi
Débranché – Rue Blaise Pascal Boisséjour
Libre comme l’air – Stade Olivier Vernadal
Mines d’or – Mairie de Ceyrat
Mères veilleuses – Place de la Résistance
Vue d’exposition – Place de la Résistance
Mines d’or – Rue Nestor Perret
Cellules royales – Rue de la Varenne
Bracelet – Rue de l’Église

L’artiste

Irina Rasquinet vient de Tchétchénie. De la croisée des cultures, entre Mer Noire et Mer Caspienne. De ces terres où la blessure de guerre est un bagage, le silenceun langage. Du Caucase, elle a gardé l’âme escarpée, le goût du paradoxe et de la liberté. Le désir profond de mettre de la lumière dans l’austère, aussi. L’art est son terreau, sa façon de prendre racines tout en travaillant l’invisible.

D’où ce rapport matriciel à la nature, à travers toiles, sculptures ou bijoux magnifiés. Que ce soit avec Mine d’or, où de gigantesques crayons en bois aux mines taillées montrent, en herse, que le poétique sait s’aiguiser. Ou avec Le Kobold et le Kleptomane, là où le règne de l’hétéroclite conspire pour coloniser le tronc d’un arbre, et le faire flamboyer. Les branches arrachées par les tempêtes, elle les fait scintiller. Leur part d’ombre se couvre de cristaux, lichen onirique qui prête vie à l’inanimé. Alors, la lumière peut jouer. Faire du bris un talisman, d’un papier un continent, de l’infime un miroitement, voilà sa façon d’affirmer la transmutation radicale de l’art. Chaque oeuvre plonge ses racines dans le terreau puissant de l’imaginaire, où le rêve rencontre la terre.

Irina Rasquinet se confie. Elle « va vers le côté étonnant, et étonné », vers une fraîcheur d’avant la rupture, cristallisée par l’enfance volée. D’où l’insolence de l’orange, cette couleur feu de joie, cette énergie qui clame haut et fort : « Lève-toi. » Le réveil est sans doute la clef de son art. Réveil des matières, réveil du monde, sursaut de la conscience pour réparer ce qui est oublié, dégradé. Car la beauté est l’accouplement de la grâce et du sacré.